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Ce n’est pas de l’écologie, c’est une dictature woke

Les Verts sont en roue libre depuis leurs quelques victoires municipales, en 2020, à Bordeaux, Lyon, Grenoble, Poitiers… Surfant sur l’esprit zadiste avec une modération qui rassure les bobos des villes (peu désireux de voisiner des punks à chien), EELV a promis des espaces de reconquête écologique mais ne met en place que des laboratoires du wokisme.

A la rentrée scolaire, le maire de Lyon Grégory Doucet visite une école où il met en pratique ses délires idéologique : une cour d’école « dégenrée ». Mais un élève, convié à une conférence de presse grimée en farce participative où les intervenants sont en cercle autour de l’édile, paraît insensible aux qualités progressistes de son maire. « Moi j’voulais des cages de foot, et un ballon de foot, mais à la place, il n’y a rien… Il n’y a que des… copeaux de bois, de la terre, et rien… » Malaise de l’auditoire devant le retour du réel en pleine face. Scoop énorme : les garçons aiment jouer au ballon et se mesurer les uns aux autres. Des millions d’années d’émulation collective (entre individus, familles, tribus, quartiers, clubs sportifs, nations…) nous l’ont appris. EELV nie l’histoire et formate le présent pour accoucher d’un futur moralement transgénique. Où est la cohérence écologique quand on récuse à ce point la nature humaine ?

A Poitiers, le maire coupe les subventions des aéroclubs et dénonce l’association Rêves de gosse, qui fait voler des enfants handicapés. « L’aérien ne doit plus faire partie des rêves d’enfants » explique Léonore Moncond’huy. Elle pense évidemment à la pollution engendrée par l’aéronautique… Mais où est Léonore Moncond’huy pour dénoncer l’impact écologique des flux migratoires ? D’un côté, on décourage les transports ; de l’autre, on encourage les migrations internationales. C’est de l’abus de pouvoir pur et simple : là où EELV pourrait encourager et promouvoir, ils préfèrent punir et bannir de l’espace social. Ces fous ne veulent pas servir le peuple, mais le reformater. C’est ainsi que procèdent les épurateurs et censeurs. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Le Monde, 9 décembre 2020), il y a eu environ 30 millions de réfugiés en 2020 : zéro empreinte carbone, Madame le Maire ?

En mars, le Ministre de l’Ecologie, Barbara Pompili, annonçait que les véhicules pas assez propres seront interdits des centres-villes de 45 grandes communes, soit l’équivalent de la moitié de la population. « Il va falloir mettre en place des radars, c’est du concret » annonce-t-elle fièrement. Et « concrètement », puisqu’on en parle, comment allez-vous faire depuis votre tour d’ivoire parisienne pour imposer des checkpoints à l’entrée des villes ? Nous sommes en plein délire soviétique, ces gens raisonnent comme si la France était une page blanche : sans maires, sans élus locaux, sans bassins économiques avec leurs réalités propres, etc. Sous prétexte de conversion écologique, les Verts organisent le « Grand bon en avant » écolo-maoïste, la révolution culturelle à la chinoise, pour dynamiser la « croissance verte », c’est-à-dire en bon français : le lobby industriel du développement durable.

A Strasbourg, le seul espace vert avec un terrain de jeu du quartier du Neudorf sera remplacé par un immeuble accueillant un espace de coworking, un amphithéâtre et un restaurant. Pour bétonner, les Verts ne sont pas les derniers, mais ils enrobent leur connivence avec la promotion immobilière d’un alibi collectiviste : un lieu d’activités plurielles… S’ils étaient vraiment écologistes, les Verts encourageraient le localisme, la petite propriété et les PME de quartier. A la place, ils ne touchent pas aux grandes surfaces (la France est le pays européen où il y a le plus de mètres carrés consacrés aux centres commerciaux), et taxent et réglementent à tout va entre deux séminaires sur « l’identité de genre ». Ce n’est pas de l’écologie, c’est une dictature woke.

Clément Martin

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