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Ministère de la Remigration : le mot est lancé !

On le sait, en politique, la bataille passe beaucoup par les mots : impossible d’analyser la domination progressive de la gauche sur les sphères de la culture sans observer l’inondation parallèle de la langue française par le lexique du progrès, de l’égalitarisme et la déconstruction.

À l’inverse, la diffusion depuis la droite dans la société française d’un vocabulaire destiné à nommer les problèmes relatifs à la question migratoire et démographique est une condition sine qua non pour espérer la victoire. Éric Zemmour, en annonçant publiquement son souhait de créer un ministère de la Remigration, a fait sauter une digue salutaire à ce niveau. C’est ainsi 6 ans de combat identitaire pour faire entrer par effraction le terme de « remigration » dans le débat public qui sont couronnés de succès.

Du ministère de l’Identité nationale à celui de la Remigration

En 2007, la création par Nicolas Sarkozy d’un ministère de l’Identité nationale et de l’immigration avait suscité les réactions scandalisées de toute la gauche, pour qui opérer le lien entre « immigration » et « identité nationale » était un glissement raciste dangereux. L’industrie de l’indignation, qui constitue l’un des dispositifs les mieux réglés de la gauche hégémonique de l’époque, s’était déchaîné (tribunes dans Libération, protestations d’universitaires, communiqués démagogiques de la CIMADE et du GISTI qui qualifiaient les expulsions de clandestins de « rafles », etc.). Pourtant, l’initiative de Sarkozy ne fut qu’un dragon de papier ; aucune mesure mise en place par ce ministère ne fit preuve d’efficacité, même à court terme. Signe révélateur, c’est Éric Besson, transfuge du Parti socialiste, qui avait pris la direction de ce ministère entre 2009 et 2010, date de sa fermeture.

Si l’épisode du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration fut un échec, il a compté parmi les premières transgressions politiques opérées par la droite à l’encontre du discours soporifique de la gauche sur l’immigration.

Quelle perspective pour la candidature d’Éric Zemmour en 2022 ?

À l’heure actuelle, les chances du candidat de Reconquête ! semblent très minces pour l’échéance présidentielle, mais il serait pour autant mal venu de désespérer. Le but fondamental de la candidature d’Éric Zemmour est moins de faire accéder celui-ci au sommet de l’État (une perspective réjouissante mais peu réaliste) que de redessiner le paysage politique autour de lui. Premièrement, en cassant les séparations factices entre la droite des Républicains et la droite du Rassemblement national ; ce but a été achevé. Ensuite, en forçant le Rassemblement national à procéder à un changement radical ou à disparaître, afin de permettre l’émergence d’une force d’opposition puissante à droite. Cet objectif-ci est peut-être en passe d’être réalisé. Enfin, cette campagne est l’occasion pour Éric Zemmour de transgresser la mollesse et les insuffisances du débat public français sur la question identitaire ; il est certain que cet objectif a été rempli – reste à savoir si les effets de ces transgressions seront durables.

Face à un bloc centriste mondialisé incarné par Emmanuel Macron et une gauche pudibonde, enfermée dans ses vieux réflexes antifrançais et antieuropéens, il est vital que la droite incarne le parti du sursaut et du réveil. Et pour ce faire, il faudra qu’elle se livre à des transgressions authentiques, sans demi-mesures, sans montrer patte blanche à chaque intervention, et surtout, sans honte d’assumer un projet authentiquement identitaire pour l’avenir de notre civilisation. La politique ne se réduit pas aux sondages et aux périodes électorales. À bien des titres, la politique, c’est ce qui se passe entre les élections.

Clément Martin

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