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Face à l’islamisme : le nécessaire retour du politique

Comment vider le politique de sa substance ? Faites preuve de fermeté face à des phénomènes que vous ne pouvez à vous seul résoudre, comme une pandémie ou le réchauffement climatique. Tout en restant laxiste sur des problèmes concrets contre lesquels vous pouvez agir : l’immigration, la délinquance et l’islamisme.

Fermeté sanitaire, laxisme migratoire

Cette semaine a une nouvelle fois illustré ce constat. Mercredi, le président de la République annonçait aux Français un nouveau confinement via des mesures particulièrement sévères, expression d’un autoritarisme bien souvent inutile. Face à ce virus mondial, l’État allait à nouveau sévir durement en infligeant aux Français les pires restrictions d’Europe se traduisant notamment par la fermeture de la plupart des commerces et un nouveau suicide économique.

Au lendemain de ces annonces, un attentat islamiste commis par un migrant frappait à nouveau la ville de Nice dans une basilique. Bilan : 3 morts, dont la décapitation au couteau d’une paroissienne, quelques jours après celle du professeur Samuel Paty. L’auteur est un Tunisien fraîchement débarqué de Lampedusa. Un migrant, tout comme l’était l’assassin tchétchène de Samuel Paty.

Le drame aurait donc une nouvelle fois pu être évité avec une politique ferme sur l’immigration. Mais ce gouvernement sait être autoritaire sur ce qu’il ne peut influencer qu’à la marge et laxiste sur ce que sa responsabilité politique lui intime pourtant de prendre fermement en main. Car le calcul politique, la peur de « l’amalgame », paralysent toute action gouvernementale sur le sujet de l’immigration musulmane source du terrorisme islamiste en France.

Modérés islamistes et islamistes modérés

Depuis la décapitation de Samuel Paty, l’opinion attend pourtant des choix forts. Et dans un conseil de défense ayant eu lieu vendredi, les services de renseignement ont donné des informations graves et très claires au gouvernement, sans tabou ni emphase. D’après un article d’Europe 1, le renseignement français aurait alerté le président et le ministre de l’Intérieur sur les passerelles existant entre les musulmans modérés, les salafistes, les Frères musulmans et les djihadistes. À ce sujet, les propos d’un spécialiste s’étant confié à la radio sont édifiants : « on n’est plus face à quelques individus à surveiller. Désormais, on affronte des masses qui veulent nous détruire ».

Dans une intervention du 27 octobre, le président du CFCM, Mohamed Moussaoui, pourtant considéré par les médias comme « modéré » , déclarait d’ailleurs au sujet des caricatures que « pour préserver l’ordre public, il faut parfois renoncer à certains droits. » On peine ici à cerner la distance entre l’islamiste qui menace l’ordre public et le modéré qui fait du chantage à l’ordre public. Un chantage qui prend ici la forme d’une allusion mais, plus souvent, de menaces très claires de dizaines de milliers de musulmans dits pourtant « modérés » sur les réseaux sociaux. Difficile de ne pas voir dans ces phénomènes une confirmation de cette « massification » de l’islamisme bien cernée par les services de renseignement.

Comment agir

Le politique ne peut désormais plus dire qu’il n’a pas les cartes en mains pour agir. Seule sa peur de l’amalgame et du préjugé le paralyse. Or, le préjugé est pourtant une arme du politique. Comme le disait le philosophe Edmund Burke, « en cas d’urgence le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu, si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et la perplexité. ». Selon l’auteur irlandais, ce préjugé « fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées. »

Pour enfin agir contre les islamistes mais aussi pour rendre au politique sa substance, il est nécessaire de faire des choix forts et de ne plus palabrer. Les Français n’en peuvent plus des bougies et des appels aux valeurs républicaines, de ces débats entre Arabes laïcs et islamistes qui ont peut-être leur intérêt dans le monde musulman mais ne nous concernent pas ici, chez nous, en France. Il n’y a pas d’autres solutions au terrorisme islamiste que la remigration. Au politique de franchir le pas.

Cyril Raul

Illustration : Hommage à Samuel Paty au collège de Conflans-Sainte-Honorine

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