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Pierre de Villiers, l’imposture

Depuis quelques mois, Pierre de Villiers semble être en pré-campagne : passages dans les grands médias, sortie de son livre L’équilibre est une force, déclarations solennelles sur l’état de la France… Toutes ces sorties médiatiques concourent à l’imaginer en candidat pour l’élection présidentielle de 2022. C’est une technique habituelle chez les outsiders : on se montre sur un coin de la scène, on réalise quelques démonstrations et on guette les retours de l’opinion publique avant de se positionner.

Le mythe de l’homme providentiel est incapacitant

Le relatif engouement autour de Pierre de Villiers s’explique par une tendance lourde dans l’histoire française : l’homme providentiel issu de l’armée. De Bonaparte au frère de Philippe de Villiers en passant par le général Boulanger, le Maréchal Pétain et Charles de Gaulle, le haut-gradé incarne un recours aux faiblesses de la démocratie parlementaire, paralysée par sa lenteur et ses querelles partisanes. Néanmoins, le mythe de l’homme providentiel est incapacitant. Il suscite une certaine paresse en faisant reposer l’essentiel du travail militant sur la figure du « sauveur », du « héros national ». Moyen bien pratique de se décharger de ses responsabilités sur autrui. D’autre part, si des hommes libres pouvaient surgir de l’armée il y a encore quelques décennies, on peine à trouver aujourd’hui des exemples semblables. En effet, le putsch d’Alger de 1961, au cours duquel des généraux ont occupé Alger pour garder l’Algérie à la France, est le chant du cygne d’une certaine conception de l’honneur. Depuis, l’armée a été épurée et aucune critique n’est jamais venue contredire des choix de politique étrangère parfois honteux.

Pierre de Villiers n’a jamais été courageux

Pierre de Villiers s’est toujours montré servile sur les théâtres d’opération les moins légitimes. Au Kosovo, la République a appuyé les islamistes albanais et créé un précédent qui justifierait l’indépendance de la Seine-Saint-Denis si la majorité musulmane venait à l’exiger. En Afghanistan, nos armées ont suivi les États-Unis sans bénéfice réel pour notre pays et contribué à relancer le trafic de drogue. En Libye, Nicolas Sarkozy a fait sauter le verrou Kadhafi et causé le chaos, créant une nouvelle route de l’immigration clandestine. Pierre de Villiers ne s’est jamais fait entendre à ces moments cruciaux, se contentant de déclarations indignes d’un chef d’armée : « Je rêve d’organiser un match de foot entre Serbes et Albanais. On va y arriver. Si on peut les réunir sur un terrain de football, alors c’est gagné. » Pierre de Villiers n’a jamais été courageux, pourquoi le serait-il maintenant ?

Le général déserte

En 2018, de Villiers rejoint la société de conseil en stratégie économique Boston Consulting Group, dont le siège social se trouve aux États-Unis. Passer du métier des armes à la finance – qui plus est au sein d’une firme étrangère – est un choix discutable. En effet, dans la mentalité traditionnelle, le chef militaire, comme le noble autrefois, après avoir servi la patrie (but le plus noble qui soit), ne peut servir l’argent. Imaginez l’un des lieutenants de Jeanne d’Arc, après la guerre de Cent ans, se retirer en Angleterre ou en Hollande pour faire du négoce…

Son programme, ce n’est pas d’envoyer l’armée dans les banlieues, mais plutôt de mettre les banlieues dans l’armée.

Fidèles à l’irénisme qui a caractérisé sa vision du Kosovo, Pierre de Villiers a déclaré : « Dans l’armée, on récupère des jeunes de banlieues et on en fait des héros en 6 mois ! » (RMC, 21/11/2018). Depuis 2018, il apporte son soutien au Rocher, association de soutien scolaire présente dans les cités à l’instar des écoles Espérance Banlieues. Si Pierre de Villiers demande l’application ferme de la loi en se présentant comme « un homme d’ordre », il estime par ailleurs que dans la gestion des banlieues immigrées, « il manque l’humanité, le respect, la considération, l’amour » (Le Figaro, 13/10/2020). Ainsi, tout se résumerait à « l’autorité » et au commandement, à « l’art du chef ». Il ignore ou fait mine d’ignorer que dans un nombre croissant de cités, ni la police, ni même les pompiers ne peuvent entrer, ces quartiers étant devenus la propriété des trafiquants de drogue et des islamistes. Aucune parole ferme ne fera changer la situation, les immigrés hostiles ou simplement indifférents aux lois de notre pays ont parfaitement conscience de la réalité du grand remplacement. Le compte à rebours démographique joue en leur faveur et ils le savent. Il est déjà trop tard pour envisager une « réconciliation ». En se faisant l’apôtre du vivre-ensemble, Pierre de Villiers a 50 ans de retard dans son analyse. La paix s’obtiendra par une séparation en bonne et due forme : la remigration.

Clément Martin

Illustration : Université d’Été de la Défense à l’Ecole polytechnique 2016 symbole copyright École polytechnique – J.Barande

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