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Affaire Colonna : pourquoi le régionalisme d’extrême gauche est anti-identitaire

En 2016, une des scissions du Front de libération nationale corse (FLNC) annonçait son opposition sans équivoque à la prolifération de l’islam radical sur son sol ainsi que sa volonté de se défendre au cas où l’État islamique venait à perpétrer des attentats sur le sol de l’Île de Beauté[1]. Force est de constater que cette mobilisation n’a pas laissé de trace dans l’imaginaire du nationalisme corse. Alors que c’est bien un djihadiste (condamné à 9 ans de réclusion pour la préparation d’actes terroristes) qui a tenté d’assassiner Yvan Colonna (condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Érignac en 1998) le 2 mars dernier, les accusations des nationalistes sont portées contre la France[2]

Cette éruption de radicalité du nationalisme corse dissimule en réalité son aveuglement sur la question identitaire.

Le chant du cygne du régionalisme de gauche

On peut tout à fait considérer que la responsabilité de l’état déplorable des prisons françaises incombe à la France. Toujours est-il que ce problème est en réalité secondaire : car c’est bien un djihadiste issu de l’immigration qui a attaqué Yvan Colonna, et personne d’autre. Les identitaires ont toujours revendiqué une conception de l’identité fondée sur l’appartenance à une région, une « patrie charnelle ». Nous ne sommes pas jacobins – mais sans reconnaître que ces régions appartiennent à un ensemble civilisationnel plus grand, les revendications régionalistes ne sont pas grand-chose de plus qu’une posture de rébellion obsolète. Le refus de nommer le cœur du problème révèle un angle mort présent depuis longtemps au sein des mouvances régionalistes françaises : leurs assises idéologiques issues du marxisme les empêchent de voir que la déferlante migratoire qui s’abat sur le continent européen et l’islamisation qui est en est une des conséquences premières est un danger bien plus réel pour les identités régionales que le jacobinisme (bien réel) de l’État. Si la France venait à devenir une république islamique, peut-on sérieusement croire que le gouvernement des imams serait plus indulgent avec l’apprentissage de la langue corse dans les écoles ?

Combat régionaliste et combat européen : une mise à jour nécessaire

Qu’elles soient basques, bretonnes, corses ou savoyardes, les mouvances régionalistes sont baignées depuis l’après-guerre dans le marasme marxisant. Opérant une analogie trompeuse et démagogique entre la colonisation de l’Afrique par l’Europe et la jonction de ces régions à la France, les régionalistes de gauche admettent que leur volonté d’appartenance avec leurs « frères de luttes » africains est bien plus forte qu’avec les Européens de la métropole. Mais la réalité de l’identité a moins à voir avec la volonté qu’avec l’essence et la filiation. Pour un djihadiste, un Corse sera toujours plus proche d’un Français que d’un Maghrébin quelque soit leur opposition à l’État. Les Occidentaux (qu’ils soient parisiens ou corses, lyonnais ou bretons) seront toujours des « Croisés » pour les combattants de l’Islam. En s’interdisant de combattre le remplacement de population à l’œuvre en France et en Europe, les régionalistes s’excluent du combat vital de l’époque : ils font le choix de la marginalisation, et, au vu de la dégradation de la situation identitaire et sécuritaire, s’en font les complices discrets.

Sans un aggiornamento rapide et radical qui lui permettraient de s’émanciper du paléo-gauchisme des années 70, les mouvances régionalistes sont condamnées à disparaître. Vae victis.

Clément Martin

[1] https://www.bfmtv.com/police-justice/terrorisme/corse-le-flnc-menace-les-islamistes-radicaux-de-daesh-en-cas-d-attaque_AN-201607280101.html

[2] https://www.ouest-france.fr/corse/video-agression-d-yvan-colonna-nouvelles-manifestations-de-colere-a-ajaccio-fb02ac6e-5e14-47dc-9313-8b90ee08ff83

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